Nous nous trouvons ici devant l’autel de Notre-Dame de Tongre. En son centre, vous pouvez admirer la statue originale de la Vierge, véritable cœur spirituel de ce sanctuaire.
Selon la tradition, dans la nuit du 1er au 2 février 1081, des anges auraient déposé cette statue dans le jardin du seigneur local. Le lendemain matin, les habitants du hameau l’amenèrent à l’église paroissiale. Mais, chose étonnante : le soir même, les anges la redéposèrent au même endroit du jardin. Ce phénomène se répéta une troisième fois, en présence d’envoyés de l’évêque de Cambrai, Gérard II. Convaincu de la véracité de ces événements, l’évêque vint en personne à Tongre le 17 février 1081 pour approuver les faits, bénir le lieu de prière et le Tour de la Vierge — un itinéraire toujours emprunté par les processions annuelles.
L’histoire que je viens de vous raconter a été mise par écrit en 1642 par l’abbé Georges Huart. Il s’est appuyé sur la tradition orale et d’anciens registres paroissiaux.
La statue que vous voyez ici a été classée comme Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2020. Ce classement a permis de financer des recherches et une restauration approfondie. Grâce à des analyses au carbone 14, dendrochronologiques et stylistiques, la statue a été authentifiée comme datant bien du XIe siècle, ce qui confirme la tradition. La polychromie des visages de la Vierge et de l’Enfant, encore visible aujourd’hui, est également d’époque.
Il s’agit d’une « Sedes Sapientiae », ou « Siège de la Sagesse » : Marie y est représentée assise, présentant son Fils Jésus, lumière du monde.
L’autel en marbre qui accueille cette statue date, quant à lui, du XVIIe siècle. Il a été offert par Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV.

